Le stress, c'est quoi ?

Le stress fait partie intégrante de la vie

Dans nos sociétés, il nous accompagne lors d'événements difficiles ou dans les situations délicates du quotidien, et notre corps manifeste automatiquement les signes d'un stress.

Avant un entretien par exemple, nous avons le cœur qui bat plus vite, une respiration plus rapide, une attention focus sur l'objectif … A ce niveau, c'est un stress qui peut même être positif : il mobilise nos ressources pour être plus efficace dans notre objectif.

Pourtant, nous sommes nombreux à vivre et subir un stress trop présent. Quand il devient permanent, il est même parfois difficile à identifier et à gérer.

En sophrologie, comprendre le stress est une étape essentielle pour reprendre le chemin de l'équilibre et du mieux-être.

Aussi pour le découvrir, mesurer ses impacts sur notre santé physique et mentale, je vous propose d'exposer ici les fondements du mécanisme de stress, quand il fonctionne normalement.

Le rôle du stress

Le stress est une stratégie, une réponse adaptative du vivant face au danger. C'est un système biologique ultra-performant qui assure notre survie face à une menace.

Nombreux sont les organismes vivants qui possèdent un tel mécanisme : les hommes, les animaux, même certaines plantes !

Chez les humains, depuis des millions d'années, il a évolué, mais il est resté immuable dans ses principes de base, programmés dans le cerveau profond et le corps.

Le stress prépare toujours l'organisme à une réponse physique radicale et instinctive : combattre, fuir ou se figer tel un mort.

La réponse immédiate

Imaginez-vous en ballade en forêt et vous vous trouvez brusquement face à un ours.

Face à cette image effrayante, l'amygdale cérébrale tire la sonnette d'alarme la première. Elle déclenche dans le cerveau le sentiment de peur. Le programme « Combat-Fuite » s'active automatiquement. Son chemin conducteur dans le corps est le nerf vague sympathique qui innerve la totalité des organes majeurs du corps.

D'abord, l'information cérébrale descend le long du nerf vague jusqu'aux glandes surrénales, situées au sommet des reins, pour déclencher la production d'adrénaline.

L'adrénaline est alors à l'origine des réactions suivantes :

  • le cœur bat plus vite et plus fort, la respiration s'accélère
  • la pression artérielle augmente
  • le sang est dirigé massivement vers les muscles squelettiques : ceux qui permettent de courir, sauter, cogner … le combat ou la fuite rappelez-vous …
  • à l'inverse, les autres zones du corps sont moins irriguées, moins oxygénées. C'est le cas des autres muscles (comme celui qui ferme la vessie … oui, se faire pipi dessus si on est effrayé), mais aussi la peau, le cerveau ...
  • la graisse est convertie en sucre pour libérer plus d'énergie

Au niveau cérébral, la juste dose d'adrénaline et noradrénaline apportent ce qu'il faut de clarté mentale pour vous mettre à l'abri rapidement, mais aussi un sentiment d'euphorie, de toute-puissance pour vous sentir prêt au combat. La partie pensante du cerveau se désactive. Il ne faudrait surtout pas réfléchir parce qu'objectivement, face à l'ours, vous ne vous en sortirez pas indemne …

A ce moment, pour le combat ou la fuite, vos muscles moteurs ont déjà plus de sang, plus d'oxygène, plus d'énergie, et votre esprit est téméraire.

Et si le danger se répète

Toujours dans votre forêt, il est vraisemblable qu'il y ait plusieurs ours. Et votre cerveau a déjà anticipé ce scénario probable.

Dans le sillage de la première réponse, le cerveau libère des hormones du stress à plus long terme, et notamment celle du cortisol.

Le cortisol va aider l'organisme à s'adapter de façon durable à ces menaces répétées.

Il double les effets de l'adrénaline : augmentation de la pression artérielle et du taux de sucre dans le sang, inhibition de la cognition, déstabilisation de l'humeur, perturbation du sommeil (mieux vaut un sommeil léger pour percevoir la présence de l'ours).

Il provoque aussi un besoin en aliments riches en graisse et en sucre, un stockage de la graisse, à terme une inhibition du système reproducteur (pas très judicieux d'avoir des enfants dans un environnement si dangereux, non?).

Le cortisol prévoit également des blessures suite au combat contre l'ours. Il active alors préventivement le système immunitaire en favorisant une amorce d'état inflammatoire : le cas échéant, tout sera en place pour stabiliser vos blessures, et vous permettre de prolonger le combat ou trouver les dernières forces pour fuir.

Le retour à la normale

Imaginons maintenant une heureuse issue : vous avez réussi à vous échapper pour vous mettre à l'abri.

Le cerveau profond intègre le sentiment de sécurité, le mécanisme de stress se désactive. Après cette phase de récupération, le corps retrouve rapidement un fonctionnement normal et équilibré.

Cas particulier du figement

Le scénario précédent ne met pas en scène la stratégie du figement, ou « faire le mort ». Il s'impose quand le danger apparaît inévitable, la fuite impossible et le combat sans espoir.

Chez les humains, c'est la stratégie de survie la plus extrême. Le cerveau intègre la fragilité extrême de la personne face à son agresseur et enclenche un processus très particulier : la paralysie générale. La personne devient incapable de parler, de bouger. Ses sens se désactivent. Elle ne ressent pas, physiquement, émotionnellement. Le processus de mémoire est altéré. La dissociation permet de survivre à l'insupportable.

En résumé

Le stress est une réponse naturelle et indispensable de l'organisme.

Il fonctionne correctement quand il est sollicité :

  • de façon ponctuelle
  • à bon escient
  • toujours suivi de phase de récupération

Mais lorsqu'il devient trop présent,

  • sa mécanique fine se dérègle
  • les organes innervés par le nerf vague se dégradent
  • la santé générale se dégrade profondément : physique, émotionnelle et mentale.

Dans la liste des actions de l'adrénaline et du cortisol en particulier, on voit bien comment la répétition du stress prépare le terrain pour développer, à terme, le risque de nombreuses pathologies graves :

  • infarctus
  • AVC
  • hypertension
  • inflammation chronique
  • diabète
  • déséquilibre alimentaire
  • difficulté dans la fécondité .... 

Avec des outils adaptés, comme la sophrologie, il est possible d'apprendre à retrouver facilement et rapidement plus de calme et même renforcer nos capacités d'adaptation aux aléas de la vie.


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